Les récentes attaques impérialistes et illégales des États-Unis appellent à nous mobiliser ! Nous (Mouvement Québécois pour la Paix, Collectif Solidarité Québec-Pérou, RECESS et CUAL-UQAM) invitons les organisations à signer ce communiqué (lien vers le formulaire de signature dans les commentaires).
HALTE À L’AGRESSION IMPÉRIALISTE AU VENEZUELA !
Aux premières heures du 3 janvier 2026, les États-Unis ont lancé une campagne de bombardements criminels sur Caracas, la capitale du Venezuela, ainsi que sur plusieurs régions du pays. Parallèlement, ils ont lancé une opération militaire terrestre dans le but déclaré et malheureusement atteint de séquestrer Nicolas Maduro. Nous condamnons fermement cette grave intervention militaire au Venezuela qui renvoie aux pires agressions impérialistes perpétrées par les États-Unis en Amérique latine tout au long des XIXe et XXe siècles.
Cette invasion est l’aboutissement de pressions accrues au cours des derniers mois. Sous prétexte de mener des actions « anti-narcotrafic », les États-Unis ont déclaré unilatéralement une zone d’exclusion aérienne au-dessus du territoire souverain vénézuélien, ont déployé plusieurs navires de guerre et des milliers de soldats dans les Caraïbes, ont bombardé des navires civils en exécutant extrajudiciairement les occupants et, à la date de rédaction du présent communiqué, ont déclaré un embargo total sur les pétroliers vénézuéliens. Les vols récents de pétroliers par les États-Unis et le fait que le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde permettent de saisir les réelles motivations derrière ces attaques qui représentent toutes des violations flagrantes du droit international. Elles ont pour objectif d’attaquer la souveraineté du Venezuela et de renverser son gouvernement dans le but de réaffirmer l’hégémonie régionale des États-Unis, de prendre le contrôle des ressources vénézuéliennes et aussi d’isoler davantage Cuba.
Le retour en force de la doctrine Monroe assumée explicitement par la Maison-Blanche est alarmant, mais a le mérite d’être clair : les États-Unis souhaitent réaffirmer leur rôle de puissance économique dans l’Amérique et vont utiliser tous les moyens pour devenir le « partenaire de premier choix » et décourager les pays de la région de faire affaire avec la Chine, leur principal adversaire géopolitique. L’embargo américain contribue également à isoler davantage l’Iran, un partenaire commercial majeur du Venezuela qui fait l’objet de sanctions et de saisies similaires de la part des États-Unis. Les attaques au Venezuela sont à lire dans ce contexte d’ingérence dans la souveraineté des pays de l’Amérique latine et leurs alliés. Nous le voyons notamment dans la menace explicite de Trump à Petro, président de la Colombie : « Il sera le prochain ».
Soulignons que les États-Unis s’ingèrent depuis longtemps dans les affaires internes du Venezuela. Le 11 avril 2002, un coup d’État militaire soutenu par les États-Unis a tenté de renverser le gouvernement d’Hugo Chavez. Les États-Unis ont à plusieurs reprises incité et soutenu des mobilisations violentes au Venezuela, connues sous le nom de « guarimbas », en 2014, 2015 et 2017. En 2019, les États-Unis ont reconnu Juan Guaido, le président par intérim autoproclamé du Venezuela, comme le dirigeant de ce pays après la victoire électorale de Nicolas Maduro.
Le peuple du Venezuela a résolument résisté à tous ces actes d’agression impérialiste. À ce jour, il défend fièrement sa souveraineté et se mobilise par millions pour résister à cette nouvelle attaque !
Quant au Canada, il a activement soutenu les interventions impérialistes américaines contre la République bolivarienne et contre les gouvernements populaires et progressistes de toute l’Amérique latine. En particulier, le Canada a joué un rôle central dans la formation du Groupe de Lima, qui a été utilisé pour s’ingérer dans les affaires intérieures du Venezuela, tout en jouant un rôle destructeur et déstabilisateur au sein de l’Organisation des États américains.
Alors que la dernière vague d’agressions a suscité la condamnation des gouvernements du monde entier, y compris de la France qui a qualifié les frappes contre des navires civils « d’illégales », et a poussé des gouvernements pourtant historiquement proches des États-Unis, comme la Grande-Bretagne, à suspendre le partage de renseignements avec ces derniers, le gouvernement canadien, lui, se montre complice. Ottawa poursuit sa collaboration militaire dans le cadre de l’opération CARIBBE, un programme conjoint avec les garde-côtes états-uniens auquel participent la Marine royale canadienne et l’Armée de l’air canadienne. Tout en affirmant que ses renseignements sont « séparés et distincts », le Canada n’a rien fait d’autre que demander timidement à Washington de ne pas utiliser les informations partagées pour ses frappes meurtrières. Pire encore, le gouvernement libéral fournit une couverture diplomatique directe aux crimes de guerre états-uniens. Lorsqu’on lui a demandé si les frappes illégales contre des navires civils violaient le droit international, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a abdiqué toute responsabilité, déclarant qu’il appartenait « aux autorités américaines » de se prononcer à ce sujet. Soyons clairs, il ne s’agit pas ici de neutralité, mais bien de complicité active aux actions impérialistes des États-Unis.
À l’heure où les États-Unis exercent des pressions sur la souveraineté même du Canada et où les larges masses canadiennes exigent que le Canada rompe son alignement sur les États-Unis, la position du gouvernement canadien est hypocrite et honteuse.
Les signataires de ce communiqué, organisations et collectifs de la société civile canadienne et québécoise, condamnent avec la plus grande fermeté l’agression impérialiste contre le Venezuela, les Caraïbes et l’Amérique Latine. Nous exprimons notre plus grande solidarité avec le peuple vénézuélien qui traverse depuis plusieurs années de grandes difficultés en lien avec les sanctions économiques imposées par les États-Unis et qui doit, encore une fois, défendre son droit à disposer de lui-même. Nous réaffirmons l’importance du respect de la souveraineté, la non-ingérence et l’autodétermination des peuples.
De même, nous dénonçons le silence complice du Canada face à cette agression de l’impérialisme américain. Nous appelons le gouvernement canadien à mettre immédiatement fin à sa collaboration avec les États-Unis et à se doter d’une politique étrangère ancrée dans le multilatéralisme, au service de la paix et du respect de la souveraineté des peuples du monde entier.
Non à l’agression impérialiste au Venezuela, dans les Caraïbes et en Amérique latine !
Libération immédiate de Nicolas Maduro !
Solidarité avec le peuple du Venezuela !
Déclaration rédigée par le Mouvement Québécois pour la Paix, le Collectif Solidarité Québec-Pérou, RECESS et CUAL-UQAM.
Pour signer le communiqué : https://docs.google.com/forms/d/1vr1DTzcJaWOQKdVTHZuVA4bkU6j6FqHV1sKfhYLihVs/viewform?edit_requested=true

